Vendredi dernier était une journée en faveur de la santé mentale, publique. se sont regroupées plusieurs associations qui luttent auprès des patients. sans oublier que les élections étaient 2 jours plus tard. Cette journée s'est déroulée dans une des facs de psycho. qui n'est autre qu'un grand garage, repeint en blanc, avec des chaises et des tableaux à craies fixés au mur. c'est tout. mais enfin. et n'est pas près de changer.
Samedi soir, je suis allée voir la pièce de théâtre de l'atelier auquel je participe. une pièce armée depuis quelques temps. mais à chaque fois il faut se réajuster. prendre en compte que les patients ne seront pas toujours en état de monter sur scène. que certains pourraient craquer pendant. ou après. c'est une énergie folle. et c'était un plaisir de les voir jouer. peut être aussi parce que je les connais. des lumières dans les yeux, un fond de colère. le scénario a été écrit par une patiente, il y a quelque temps. qui avant d'être internée a vécue dans la rue. jusqu'à ce que l'hôpital lui ouvre ses portes. elle en est sortie. mais y est rentrée de nouveau il y a quelques jours. le jeu en était d'autant plus fort.
la parole, brève mais intense, est ensuite donnée à ceux qui veulent. et comme presque à chaque fois, il y a une telle puissance dans leur voix, une telle émotion, de la reconnaissance qui se mêle à de l'amertume. qu'en tant que public, j'ai vite eu la gorge nouée.
De plus, la pièce avait lieu dans un centre culturel, ancienne usine, résistante, récupérée, et qui fonctionne encore pour la formation d'ouvriers.
ce sont des lieux où l'on ne tombe pas par hasard.
Et lundi, l'émotion était présente encore suite à des retours très favorables de la journée du vendredi et de la pièce de théâtre. du coup la motivation est encore plus grande pour présenter d'autres œuvres. le résultat des élections est aussi une raison.
puis le cadre est redéfini, protection de tout le groupe quand il y a des sorties.
et pour ceux qui n'ont pas eu de permission, on ressent le besoin de s'impliquer d'avantage, comme preuve qu'eux aussi sont capables, qu'eux aussi ont le droit. c'est une lutte permanente.
et passer les heures de stage, je continue mes ballades diurnes et nocturnes dans la ville. à la recherche de dessins cachés entre deux ruelles. d'une expo photo. suivant un reflet, un regard perdu au loin.
et comme depuis plusieurs jours la température un fait un bond jusqu'à près de 25 degrés, l'hiver n'est plus si mercurochrome.
Elle est magnifique la photo des deux dans la foule. Et ton récit est poignant. T'es toujours en Patagonie là du coup ?
RépondreSupprimer