mercredi 27 juillet 2011

Derniers jours



Ca y est. c'est fini.
hier était mon dernier jour de stage. ma despedida.
J'ai eu droit a des mots, des discussions, des photos. certaines choses auxquelles je ne m'attendais pas. ils m'ont touché hier. ils m'ont touché durant ces quelques mois.
le dernier atelier a été fort en échanges. d'autant plus que la sécurité a du intervenir. et qu'il y a de la culpabilité dans les yeux de ceux qui restent, car ils savent très bien ce qui l'attend.
des témoignages. les dernières improvisations.
je les ai quitté le cœur un peu lourd. plein d'images dans les yeux.
et grandi de toutes ces heures passées avec eux.


Je pars vendredi pour Iguazu.

Escale en Patagonie

Départ vendredi dernier. Après 14 heures de train et 4 heures de collectivo, Carmen de Patagones nous ouvre ses portes.
Le train est une aventure dans ce pays. Le voyage de nuit demande préparation. à 3 sur une banquette il faut gérer les positions des uns et des autres pour s'endormir. les fenêtres restent ouvertes, les portes aussi. le froid tiraille. entre 2 mini siestes, une vue du paysage qui défile, sous le lune et la température hivernale, réchauffe un peu les yeux. On débarque à Baia Blanca. le train ne va pas plus loin car les rails ne sont plus en état. plus de 10h du matin déja. la ville parait morte. abandonnée. les bâtiments sont cassés. il n'y a personne. quelques minutes de marche pour rejoindre le terminal de bus, 2h d'attente et en avant pour la derniere ligne droite, en collectivo. le confort n'est plus aussi rustique!
Carmen de Patagones est une ville de 30 000 habitants, au bord du Rio Negro. à première vue, on dirait un village. les maisons sont basses. il n'y a pas grand monde dans les rues. Ca y est, on est arrivé!
Une douche pour effacer les restes du voyage et pourquoi pas une petite sieste!!
et c'est parti pour une semaine!
ballades au bord du fleuve, maté en main. tours en vélo. plusieurs rencontres. jusqu'à une dame, représentante du parti péroniste, des fleurs plein les cheveux, qui nous chantent une chanson écrite par elle, sur un air mélancolique de Tango. tout le monde a ses petites habitudes. entre 14h et 17h, c'est l'heure sacrée de la sieste. même pas la peine de chercher un commerce ouvert!
on traverse le fleuve pour marcher dans les rues de la ville d'en face. ils sont tous très fiers de leur ville!
et on décide de partir camper au bord de la mer. à quelques 60kms de la, ou la route n'est autre qu'une piste. les loros (perroquets)  nous accompagnent sur le trajet. il y a dans cette région la plus grande colonie. et c'est incroyable le bruit qu'un seul peut faire. c'est incroyable leur nombre. et leurs couleurs.
il a fait froid. très froid. le vent de la mer. la fraicheur du pays. on a eu pour compagnie les loups (ou lions) de mer, les perroquets, des pingouins (mais morts), un chien. et le seul habitant rescapé du village de quelques maisons. un anglais expatrié, qui fini ses jours ici, la ou il n'y a plus personne. du coup, on était deux à avoir notre propre accent. grand amateur de musique, il nous a fait écouter de la musique jusque tard dans la nuit. et on est sorti à temps pour voir le ciel. étoiles filantes, voie lactée. et rentrer par le carreau cassé d'une fenêtre de la maison du camping abandonné. on a troqué le vent par son bruit, les pierres par du carrelage tout aussi froid. et on a dormi.
un petit tour dans des coins de Patagones encore inconnus. et je suis rentrée sur Buenos Aires.
comme débarquée de nul part a 7h30, les voitures, le bruit, la ville, le soleil qui se lève.
oui, je suis bien rentrée!! 

lundi 25 juillet 2011

Patagonie

Coucher de soleil sur le Rio Negro

Rio Negro

Carmen de Patagones

La Loberia  - Camping

La loberia - océan Atlantique

Loros (péroquets)

Lobos (lions de mer?)


mama lobo y su nene









Loros

Une des plus grosse colonie dans la région

Emblèmes de Carmen de Patagones!

jeudi 14 juillet 2011


Départ prévu demain pour la Patagonie.
un souffle dans cette ville étonnante, fatigante, énervante aussi parfois.
l'hôpital va mal. petit à petit ils vont réussir à le fermer. puisqu'ils transfèrent les patients à d'autres endroits, où les soins ne seront plus les mêmes. où il n'y a déjà plus de place. à commencer par les patients du centre de rétention, qu'ils ont emmené hier dans une "vraie" prison, à l'extérieur de la capitale, loin.
les élections aussi vont mal. on goute l'amertume de votes contre de l'argent.
 heureusement que l'équipe d'argentine a gagné son dernier match de la copa america.
le 14 juillet a été célébré ici aussi, Plaza Francia. une couronne de fleurs déposée aux pieds d'une statut taguée (ca fait pas très bon genre). 2 mots sur les morts pour la France. une légion donnée à un militaire pour des dizaines d'années de bons et loyaux services. qui vit entre deux pays. et qui profite de tous les avantages.
les bocaux sont à moitié vides.

mardi 12 juillet 2011

Je réalise petit à petit que j'arrive sur la fin de mon temps à Buenos Aires. La semaine prochaine je serai en Patagonie, du coup, il ne me reste plus qu'une semaine et demi de stage. C'est étrange. je suis plutôt sereine quant à ce qui a pu se passer, ces 2 mois de stage, déjà, les rencontres.. et je me rends compte aussi que je me suis attachée à ce groupe qui m'a accueillie, à bras ouverts, quand je débarquais un peu de nul part.

Vendredi dernier était une journée en faveur de la santé mentale, publique. se sont regroupées plusieurs associations qui luttent auprès des patients. sans oublier que les élections étaient 2 jours plus tard. Cette journée  s'est déroulée dans une des facs de psycho. qui n'est autre qu'un grand garage, repeint en blanc, avec des chaises et des tableaux à craies fixés au mur. c'est tout. mais enfin. et n'est pas près de changer.

Samedi soir, je suis allée voir la pièce de théâtre de l'atelier auquel je participe. une pièce armée depuis quelques temps. mais à chaque fois il faut se réajuster. prendre en compte que les patients ne seront pas toujours en état de monter sur scène. que certains pourraient craquer pendant. ou après. c'est une énergie folle. et c'était un plaisir de les voir jouer. peut être aussi parce que je les connais. des lumières dans les yeux, un fond de colère. le scénario a été écrit par une patiente, il y a quelque temps. qui avant d'être internée a vécue dans la rue. jusqu'à ce que l'hôpital lui ouvre ses portes. elle en est sortie. mais y est rentrée de nouveau il y a quelques jours. le jeu en était d'autant plus fort.
la parole, brève mais intense, est ensuite donnée à ceux qui veulent. et comme presque à chaque fois, il y a une telle puissance dans leur voix, une telle émotion, de la reconnaissance qui se mêle à de l'amertume. qu'en tant que public, j'ai vite eu la gorge nouée.
De plus, la pièce avait lieu dans un centre culturel, ancienne usine, résistante, récupérée, et qui fonctionne encore pour la formation d'ouvriers.

ce sont des lieux où l'on ne tombe pas par hasard.




 Et lundi, l'émotion était présente encore suite à des retours très favorables de la journée du vendredi et de la pièce de théâtre. du coup la motivation est encore plus grande pour présenter d'autres œuvres. le résultat des élections est aussi une raison.
puis le cadre est redéfini, protection de tout le groupe quand il y a des sorties.
et pour ceux qui n'ont pas eu de permission, on ressent le besoin de s'impliquer d'avantage, comme preuve qu'eux aussi sont capables, qu'eux aussi ont le droit. c'est une lutte permanente.




et passer les heures de stage, je continue mes ballades diurnes et nocturnes dans la ville. à la recherche de dessins cachés entre deux ruelles. d'une expo photo. suivant un reflet, un regard perdu au loin.
et comme depuis plusieurs jours la température un fait un bond jusqu'à près de 25 degrés,  l'hiver n'est plus si mercurochrome.

mardi 5 juillet 2011

Après un roman photos, un peu de lecture.
Mes semaines sont bien remplies depuis quelques temps, et je commence à me dire que j'arrive sur la fin. qu'à la fin de ce mois je m'en vais en vadrouille, et que je n'aurai pas le temps de tout faire. 
je suis allée faire un tour la semaine dernière à l'école de psychomotricité qui est en dehors de la capitale. 1h30 de colectivo. coincée entre la machine à tickets et le bus, j'ai lutté pour ne pas fermer les yeux. et demain j'y retourne pour une classe ouverte et ensuite une section dans un hôpital. J'ai été reçue à bras ouverts, et ils m'ont concocté un planning qui se glisse entre mes heures de stage. J'ai essayé d'imaginer le contraire, en arrivant en France, mais je crois que ca ne vaut pas le coup.
à l'hôpital je me sens de mieux en mieux. en ce moment ca chauffe un peu parce que les élections de la ville sont dimanche. qu'il n'y a toujours pas de gaz ni de chauffage. que les patients sont pour beaucoup malades. qu'ils se plaignent de changements radicaux et abusifs dans la médication (c'est comme ca qu'on dit ici, mais je suis pas sure qu'en français ça se dise). il y a beaucoup de présentations qui s'organisent en ce moment. ce qui fait que le FABs'active entre les préparations des affiches, les derniers détails à fixer pour les pièces de théatre, les autorisations de sortie à demander.
et à côté je commence à m'informer sur mon futur voyage.
dans ma colloc ca se passe bien même si je pense que je ne verserais pas de larmes en partant. je les vois peu en fait, parce que pour la plupart, les cours sont en soirée. et leur levé plutôt tardif. je m'habitue peu à peu aux chiens, il m'arrive même de leurs parler parfois (mais qu'est ce qu'il m'arrive?).
et dans 10 jours je crois, je suis partie pour 20h de trajet aller pour rejoindre la Patagonie argentine, où il y a en ce moment un mélange de cendres et de neige. curieux paysages je pense.
je fais mon bout de chemin et la moitié de mon voyage est encore devant moi.